Una mesa para todos
Une table pour tous
1 · Histoire en espagnol
La historia
El lunes, Clara dejó un cartel junto a la caja de su cafetería: "A partir de mañana, no se permite trabajar con un ordenador entre las doce y las tres". Antes de abrir, lo leyó varias veces. Necesitaba recuperar algunas mesas, pero no se atrevía a explicar la decisión a sus clientes habituales.
Durante los últimos meses, varias personas habían convertido el local en su oficina. Clara había dado por hecho que consumirían más si se quedaban más tiempo. Sin embargo, algunas pedían un solo café durante toda la mañana. El viernes, dos parejas se habían marchado porque no encontraron dónde sentarse.
Cuando llegó Andrés, guardó el ordenador nada más ver el aviso. "Entonces mañana buscaré otro sitio", dijo. Clara esperaba una protesta, no aquella respuesta tan tranquila. Él llevaba un año desayunando allí. A veces recibía paquetes para ella y, cuando faltaba alguien, incluso ayudaba a recoger las tazas.
Clara le explicó las cuentas. Andrés reconoció que una mesa ocupada no siempre significaba una buena venta. Después propuso pagar una cantidad fija a cambio de utilizar una mesa durante unas horas. "No busco una oficina gratis", añadió. "En casa hay obras y aquí puedo concentrarme. También me gusta hablar con alguien".
La propuesta le interesó, aunque Clara no quería que el resto de los clientes se sintiera fuera de lugar. Tampoco sería justo cobrar lo mismo por veinte minutos que por tres horas. Había que poner un límite sin convertir cada estancia en una negociación. Decidió consultar también a Eva, la camarera.
Eva señaló algo que debían tener en cuenta: las mesas del fondo casi nunca se llenaban a mediodía porque eran pequeñas. Podrían reservar dos para trabajar y mantener las demás disponibles para comer. Si la prueba funcionaba, conservarían el sistema. Si surgían problemas, lo revisarían después de dos semanas.
Clara cambió el cartel esa misma tarde. Las dos mesas podrían utilizarse durante un máximo de dos horas si se compraba algo de comer o beber. Era una forma de probar la idea sin renunciar a recibir a otros clientes. Andrés aceptó sentarse al fondo, aunque advirtió, sonriendo, que allí tendría que levantarse para pedir otro café.
Dos semanas después, las ventas habían mejorado un poco y nadie había dejado de venir por la nueva norma. Clara sabía que aún habría días difíciles. Aun así, escuchar había merecido la pena. Ahora, cuando veía un ordenador abierto, miraba también las mesas libres antes de preocuparse.
2 · Expressions clés
À retenir
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no se atrevía a
n’osait pasExprime un manque de courage ou de confiance pour faire quelque chose. Cette expression est suivie d’un infinitif.
Luis no se atrevía a preguntar cuánto costaba el cuadro.
Luis n’osait pas demander combien coûtait le tableau.
había dado por hecho
avait tenu pour acquisDécrit une supposition antérieure : on considérait quelque chose comme certain sans l’avoir vérifié.
Había dado por hecho que la entrada era gratuita.
J’avais tenu pour acquis que l’entrée était gratuite.
a cambio de
en échange deRelie ce qu’une personne propose à ce qu’elle reçoit en retour.
Marta ofreció clases de inglés a cambio de clases de guitarra.
Marta a proposé des cours d’anglais en échange de cours de guitare.
poner un límite
fixer une limiteSignifie établir une limite claire concernant une activité, une quantité ou un comportement.
Necesitamos poner un límite al ruido por la noche.
Nous devons fixer une limite au bruit la nuit.
tener en cuenta
tenir compte deSignifie prendre un élément pertinent en considération au moment de prendre une décision.
Al elegir el piso, debemos tener en cuenta la distancia al trabajo.
Pour choisir l’appartement, nous devons tenir compte de la distance jusqu’au lieu de travail.
ordenador
ordinateurAppareil qui sert notamment à rédiger des documents, à travailler en ligne et à stocker des informations.
Emploi : En Espagne, le mot habituel est « ordenador ». En Amérique latine, « computadora » ou « computador » est plus courant.
He guardado las fotos en el ordenador.
J’ai enregistré les photos sur l’ordinateur.
había merecido la pena
avait valu la peineExprime que le résultat justifiait le temps ou les efforts consacrés.
El viaje había merecido la pena, aunque había llovido.
Le voyage avait valu la peine, même s’il avait plu.
3 · Traduction française
L’histoire complète en français
Lundi, Clara a posé une affichette à côté de la caisse de son café : « À partir de demain, il sera interdit de travailler sur un ordinateur entre midi et quinze heures. » Avant d’ouvrir, elle l’a relue plusieurs fois. Elle avait besoin de libérer quelques tables, mais elle n’osait pas expliquer sa décision à ses habitués.
Au cours des derniers mois, plusieurs personnes avaient transformé le café en bureau. Clara avait tenu pour acquis qu’elles consommeraient davantage si elles restaient plus longtemps. Pourtant, certaines ne commandaient qu’un seul café de toute la matinée. Vendredi, deux couples étaient repartis parce qu’ils n’avaient pas trouvé de place pour s’asseoir.
À son arrivée, Andrés a rangé son ordinateur dès qu’il a vu l’affichette. « Alors, demain, je chercherai un autre endroit », a-t-il dit. Clara s’attendait à une protestation, pas à une réponse aussi calme. Cela faisait un an qu’il prenait son petit-déjeuner chez elle. Il réceptionnait parfois des colis pour elle et, quand quelqu’un était absent, il aidait même à débarrasser les tasses.
Clara lui a expliqué la situation financière du café. Andrés a reconnu qu’une table occupée ne rapportait pas toujours beaucoup. Il a ensuite proposé de payer une somme fixe en échange de la possibilité d’utiliser une table pendant quelques heures. « Je ne cherche pas un bureau gratuit, a-t-il ajouté. Il y a des travaux chez moi et, ici, je peux me concentrer. J’aime aussi pouvoir parler à quelqu’un. »
La proposition l’intéressait, mais Clara ne voulait pas que les autres clients aient l’impression de ne pas être à leur place. Il ne serait pas juste non plus de faire payer le même prix pour vingt minutes que pour trois heures. Il fallait fixer une limite sans que chaque visite donne lieu à une négociation. Elle a décidé de consulter aussi Eva, la serveuse.
Eva a fait remarquer un élément dont elles devaient tenir compte : les tables du fond n’étaient presque jamais toutes occupées à midi, car elles étaient petites. Elles pourraient en réserver deux pour travailler et laisser les autres disponibles pour manger. Si l’essai était concluant, elles conserveraient ce système. Si des problèmes survenaient, elles le réexamineraient au bout de deux semaines.
Clara a changé l’affichette l’après-midi même. Les deux tables pourraient être utilisées pendant deux heures au maximum, à condition d’acheter quelque chose à manger ou à boire. C’était une façon de tester l’idée sans renoncer à accueillir d’autres clients. Andrés a accepté de s’asseoir au fond, tout en faisant remarquer avec le sourire que, là-bas, il devrait se lever pour commander un autre café.
Deux semaines plus tard, les ventes avaient un peu augmenté et personne n’avait cessé de venir à cause de la nouvelle règle. Clara savait qu’il y aurait encore des journées difficiles. Malgré tout, prendre le temps d’écouter en avait valu la peine. Désormais, lorsqu’elle voyait un ordinateur ouvert, elle regardait aussi les tables libres avant de s’inquiéter.